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Pentecôte 2011 : week-end découverte de l’alpinisme

" - Bien dormi ?
- Ouais... mais pas assez ! J’ ai fait une soirée hier, je me suis couché à 2h30 !
- M’en parle pas, on garde un chat en ce moment et je ne sais pas comment il a fait, mais il a réussi à ouvrir la porte a 4h du mat, impossible de me rendormir après..."

Présentation de la scène : Ivry-sur-seine, à coté de la station Pierre et Marie Curie, il est 6h du matin, le temps est au beau fixe, des gens discutent chacun à côté d’un sac à dos de randonnée bien rempli. « 1, 2, 3, 4, ..., 8, 9 ! c’ est bon, on est tous là ! »
On se répartit entre la voiture de Michel et le camion de Tonio... Et c’ est parti pour 6 h de route, direction les montagnes. Petite frayeur à mi-parcours : le temps se couvre un peu, mais les montagnes apparaissent et leur sommet est visible. De toutes façons, pour demain, la météo est clémente !
Petit détour pour le camion de Tonio vers une grande surface pas loin de l’arrivée pour acheter du vin. On mange, on chausse et c’ est parti pour la rando d’approche du refuge de Tré-la-tête. dénivelé : 800 m
Les poules nous accueillent, on révise un peu les anneaux de buste, on visite un peu les lieux : c’ est haut. On surplombe la vallée et on a de belles vues sur les montagnes, même cachées derrière un nuage. Leur sommet en devient fantomatique et semble flotter dans les airs, au même titre qu’ un hollandais volant.
Ca joue aux cartes et au yoté, en attendant le repas. Et alors que les bouquetins font une dernière apparition, les poules rentrent se coucher : nous faisons de même ! Chacun retrouve son lit non sans avoir fait un tour dehors pour profiter d’ un ciel que les parisiens ne voient que rarement : un voile noir parsemé d’étoiles.

Dimanche, 4h du matin. On sent du mouvement dans le dortoir. Ca réveille. Des frontales sont allumées et dessinent des ombres dansantes sur le plafond. On entend des gens chuchoter. Ca doit être l’ heure... Bon gré mal gré, tout le monde est debout en 10 minutes, fait son sac et monte se réveiller devant un petit déjeuner. Au menu : thé, café ou chocolat chaud, et pain/confiture. On mange à sa faim, mais pas plus, on a quand même un sommet à monter. Petit problème cependant : il y a eu malaise dans le refuge, on veille la malade en attendant les secours. Le groupe se scinde en deux : ceux qui étaient sur le départ et ceux qui ont assisté au malaise. Les premiers prennent la piste, les autres attendent l’arrivée du médecin.
Une heure et demie après l’heure prévue, le deuxième groupe part : Tonio, Jean-louis, Laure, Benoît, Cécile et Max.
Au programme : rando d’ approche, remontée du pierrier et remontée du glacier de Tré-la-Tête.
On se retrouve dans une vallée encaissée, bordée de monstres de roche et de glace, nous écrasant, nous menaçant de nous écraser, nous engloutir à jamais dans les profondeurs insondables de l’ oubli. On sent qu’ elles en seraient capables, ces bougres de montagnes. Mais on sent qu’ elles n’ en feront rien. Après tout, quand on vient les voir, on vient les respecter, les admirer, les complimenter... On fait de leur ascension un exploit personnel, un but de toute une vie, un plaisir, une recherche de sensation forte.
Le paysage est désert, lunaire, calme et étrangement léger et reposant. La neige absorbe les bruits, et le seul que l’on perçoit est celui du vent qui caresse la neige, et celui de nos pas qui l’ écrasent. Décidément, se sentir à la merci d’ une nature qu’on adore est une sensation particulière et difficile à décrire... reposante, néanmoins.
Bon, reposante, mais tout de même crevante quand on se retrouve à monter un glacier pendant 3 heures. c’ est que la neige rend le sol meuble, les pas sont amortis et la marche est un peu plus difficile que sur notre bonne vieille terre ferme.
Bref, on rejoint le refuge des conscrits. Le soleil y tape dur, la terrasse est accueillante et on s’ aère le corps et les pieds (après quelques heures dans les chaussures d’ alpi, un peu d’air leur fait du bien !)

Pendant ce temps là, l’autre groupe constitué de Bruno, Aurélie, Stéphane, Gael et Michel file vers le Mont Tondu, essayant de rattraper un peu du retard pris au démarrage. Surprise pour ceux qui étaient de l’équipée de l’année précédente : le glacier de Tré la Tête est sec alors qu’une neige profonde rendait chaque pas épuisant. Dès lors, tout le monde avance à bonne allure malgré un dénivelé sérieux de plus de 1 000 mètres. Le Pain de sucre du Tondu (3 169 m) est atteint et l’équipe choisit de ne pas aller au sommet principal (3 196 m) pour mieux contempler les montagnes aux alentours et se restaurer. Pas de doute, c’est bien ici à un peu plus de 3 000 mètres qu’il faut faire ses premiers pas d’alpinisme pour avoir envie de revenir en montagne. La vue sur les Dômes de Miage, le Dôme du Goûter et le Mont Blanc est superbe. Le lac Jovet, déjà entouré de verdure est loin dessous. Certains se mordent déjà les doigts de ne pas avoir choisi l’option initiation alpinisme pour leurs congés. Ce n’est que partie remise. A la descente, le refuge des Conscrits apparaît rapidement ainsi que le cheminement pour y parvenir.

On se retrouve donc tous au refuge des Conscrits, on boit une bière tous ensemble, on grignote et on discute. Certains vont faire une sieste, d’autres discutent, les derniers lisent ou vont photographier les bouquetins. Vient alors l’ heure du repas : diots et rôti de porc. Salade de fruits en dessert. Pas luxueux, mais très amplement suffisant, on a juste envie d’ avoir le ventre plein et les diots sont bons, comme à leur habitude. Une dernière partie de cartes, une dernière BD, on regarde les prévisions météo pour demain : nuageux et pluvieux... "Qu’ est-ce qu’on fait ?..." "Bah c’ est foutu pour le Mont Tondu. On peut tenter le Col Infranchissable. On verra demain".

La nuit est profonde, loin de la civilisation et des lumières de la ville et la colonisation frénétique par l’Homme, et le réveil, comme la veille se fait à la lumière des frontales qui balaient le dortoir à la recherche d’un collant, d’une chaussette, d’un sac ou d’ une poche d’eau. Pas d’ incident notable, cette fois. On petit déjeune, on se remplit l’ estomac et c’est reparti. On fait le col, finalement. Tous ensemble, tant qu’à faire. Au début, c’ est surtout de la randonnée. Très peu de neige, mais hélas, au bout d’ une demi-heure : de la pluie.

Tant pis on redescend ! Ca nous fera arriver plus tôt au parking et donc a Paris. Demi-tour ! On va chercher Stéphane qui était loin devant et les derniers se retrouvent premiers. Et c’ est reparti ! Le rythme est bon et l’ ambiance aussi. Apres une petite heure de gambadage, on arrive au point le plus intéressant de la descente : l’ à-pic ! un enchaînement d’échelles nous permet de ne pas avoir à complètement désescalader la roche. de toutes façons, avec nos sacs, c’eut été difficile.
On a beau être sur des échelles, sous nos pieds s’ étend un pierrier... une bonne cinquantaine de mètres plus bas... J’ exagère ?... si peu ! Et face a cela, chacun a sa façon de gérer son stress... certains parlent, ce qui gêne ceux qui ont besoin de silence. Pour ceux qui n’ ont pas peur, en fait, c’ est juste de la frime (nda : ceci est une conviction personnelle et n’ engage que moi, mais une conviction quand même). Bref, après ces fameux 50 mètres, peut être plus, on arrive au pierrier. Et c’ est reparti. On descend encore, et on retrouve les cairns qu’ on avait suivi a la montée. On reconnaît les cailloux qu’ on y a posé (enfin, on CROIT les reconnaître). Au pied du pierrier, au moment ou finit/commence le sentier d’ approche, un bloc de glace s’ est décroché et offre un petit mur d’eau solide sur lequel nos gentils organisateurs nous initient au piolet traction. On chausse les crampons, on s’ arme de piolets, et hop ! chacun son tour, on se montre à la montagne fiers d’avoir gravi les 3 mètres de glace.
Puis c’est la descente au refuge de Tré-la-tête. rapide et facile, on sait qu’ une terrasse nous attend au bout du chemin et on se dépêche quand on un soleil timide mais présent se montre pour essayer d’ en profiter un maximum. On ouvre la bouteille que Max s’est traînée tout le long de la marche pour pouvoir la déboucher au sommet qu’ il n’a pas fait, on coupe le saucisson et on profite de la terrasse. La malade, apparemment, va bien mais est encore à l’hôpital.
Apres une longue pause, on reprend la marche direction le parking. On profite, pendant la descente de la nature qui se fait encore plus présente à mesure que le climat est propice au développement des arbres, et on arrive sur le parking.
Un dernier coup d’ oeil, un dernier salut à la montagne. On monte en voiture, on démarre et les montagne s’ effacent petit à petit à mesure qu’on se rapproche de Paris. Des souvenirs plein la tête et des kilomètres plein les jambes (et les pneus).

Paris se présente à nous, plat et gris. Une pluie d’été nous accueille et nous dit que c’ est reparti pour le train-train parisien. On s’en fout, on a nos expériences, nos courbatures et nos photos. Pour ceux pour qui ce fut une découverte, ce fut une aventure et une belle.
Moi, j’y retourne l’ année prochaine !
Le mot de la fin : c’est déjà la deuxième année que ce week-end découverte de l’alpinisme se déroule avec autant d’enthousiasme de la part de tous les participants (encadrants et alpinistes en herbe). Il faut donc dès maintenant penser à reconduire l’initiative sans tomber dans la routine. Probablement en choisissant un autre lieu qui ait des caractéristiques proches : pas trop de temps de transport, pas trop de dénivelé le premier jour et ni le deuxième jour si possible. Le refuge Albert 1er peut correspondre aux critères ainsi définis avec comme objectifs Tête Blanche et / ou l’aiguille du Tour.
Sans doute faudra-t-il penser à partir un peu moins nombreux que cette année en continuant à donner la priorité à tous ceux qui n’ont jamais fait d’alpinisme. La location d’un minibus 9 places serait probablement plus économique, à commencer à renouveler l’équipe d’encadrants avant qu’elle ne perde son bel entrain. Et aussi il faudra tenir compte d’une autre considération financière : la demi pension en refuge (même au tarif groupe) est de 48 euros ce qui peut être un frein à s’inscrire au séjour. Il faudra débattre avec les futurs partants de l’éventualité de porter la nourriture ou le cas échéant de prendre une seule des deux nuits en demi-pension, l’autre en hors sac.
Rendez-vous est donc pris pour la Pentecôte de l’année prochaine, du 26 au 28 mai 2012 !

Max et ses co-équipier(e)s écrivains …

A voir les mines réjouies de la sortie découverte alpinisme des 11 au 13 juin derniers, pas de doute ce fut un beau succès. Malgré une météo défavorable le lundi.

- Glacier de Tré la Tête et Mont Tondu à la Pentecôte en 2010 et en 2011 : des différences spectaculaires.

https://picasaweb.google.com/tafflet/MontTondu2011?authkey=Gv1sRgCL_Xt5z6iM6KDA#

- les photos de Bruno Séphiha

https://picasaweb.google.com/lh/sredir?uname=103962687414529665842&target=ALBUM&id=5618521384965500961&authkey=Gv1sRgCLKV2IK2oKS85AE&feat=email

- celles de Cécile Lombardi

https://picasaweb.google.com/lh/sredir?uname=cecile.lombardi&target=ALBUM&id=5618534015161540577&authkey=Gv1sRgCKH66pGh6e7vgQE&feat=email

- sans oublier celles de Max

https://picasaweb.google.com/demamsk/WeekEndUSIDecouverteAlpinisme?authkey=Gv1sRgCPa747GWt5nYeQ&feat=email#

- et enfin les photos de Laure (secours hélico, la montagne le soir et bouquetins)

https://picasaweb.google.com/laurec94/WEAlpiUSIRefTreLaTeteRefConscrits11au130611?authkey=Gv1sRgCKTk4sG95qLojQE&feat=email#

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