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Janvier 2016 - Formation au risque d’avalanche et conduite de courses

Du jeudi 14 au dimanche 17 janvier 2016

Participants

  • Vincent Mancini (Cime19)
  • Mathias Virilli (Cime19)
  • Florian Duraffourg (USI)
  • Yves Pernicelli (Roc14)
  • Yann Hudault (US Fontenay)
  • Adam Larat (Grimpe13)
  • Damien Pesce (USI, encadrant FSGT)
  • Bertrand Gentou (Guide de Haute-Montagne).


Résumé

Nous sommes partis trois jours autour de Saint-Gervais où nous logions, pour faire trois courses différentes au cours desquelles nous avons pu : évaluer la stabilité locale du manteau neigeux par des coupes, discuter des situations à risques et des mesures à prendre en conséquence, faire un exercice de recherche Arva multi-victimes, prendre la tête de course à tour de rôle et beaucoup discuter de la montagne à ski. Les conditions étaient excellentes étant données les fortes chutes de neige de la semaine précédente et la météo plutôt clémente, tant pour l’objectif de la formation que pour la beauté des paysages parcourus et les magnifiques descentes enchaînées. En quelques mots, un superbe week-end de formation et de randonnée.

Jeudi 14 janvier 2016 : Départ pour Saint-Gervais

Nous sommes partis à 15h30 de la Coop Alpi. Grâce à notre départ anticipé, la route s’est passée sans encombre. On a même pu prendre Mathias à la gare du Fayet à l’heure prévue ! Au gîte, nous avons retrouvé Vincent. Yves et Bertrand nous rejoindront le lendemain matin. Rien de particulier à signaler pour cette soirée tranquille.

Vendredi 15 janvier 2016 : Col de la Fenêtre

Levé 7h. À 8h30 on est en voiture pour le peu de route qui nous sépare de Notre-Dame de la Gorge : le fond de vallon des Contamines-Montjoie. On peaute, on chausse, on test et re-teste les DVA… Après un rapide briefing de la journée de la part de Bertrand, on part sur la voie Romaine vers le refuge du Nant Borrant. La couche de neige fraîche accumulée ces derniers jours est assez profonde et agréable (20cm en bas, beaucoup plus en haut) et le début assez raide se passe sans encombre. Avant de monter vers le bois de la Rollaz, on s’arrête faire une première coupe de neige puis un premier test de la colonne (ou de la pelle) qui ne révèle pas d’instabilité à cet endroit.

Ensuite, on prend à main droite et on s’engage dans un versant raide, d’abord dans la forêt, puis dans des alpages nettement plus exposés. L’occasion d’une première prise de distance et d’échange au sein du groupe sur les itinéraires envisageables. Dans une belle courte pente à plus de 30°, on passe un par un en faisant attention à ne pas rester stationnés au sommet, afin de ne pas mettre les suivants en danger. On atteint enfin un replat avec un visu sur le col de la Fenêtre. Vu les conditions et la taille du groupe, nous décidons que l’objectif est trop risqué et que nous allons en rester là pour la montée.

Il est maintenant onze heures passées. Depuis le départ, le ciel n’a fait que se dégager et le soleil brille maintenant largement sur un vaste paysage d’une épaisse poudreuse accumulée par un temps aussi clément qu’une veillée de Noël. Bertrand nous sépare en trois groupes et nous demande de réaliser trois coupes de neige à trois endroits différents. Le résultat principal de cette comparaison est que la stabilité du manteau neigeux est très dépendante des effets du vent. La coupe la moins épaisse (coupe 1), dans la zone la plus calme, est assez compacte est très stable. Au contraire, celle réalisée dans une zone d’accumulation quelques mètres à côté présente des plans de fragilité que l’on détecte au test de la colonne (coupe 3).



Une fois les tests réalisés, on dépeaute et on profite d’une délicieuse neige profonde par un soleil assez présent. De retour aux Chalets des Près, on se pose pour déjeuner puis nous entreprenons un exercice de recherche Arva, l’occasion de se rendre compte que Damien a oublié de rallumer le sien après les test du matin… Pour préparer l’exercice, il nous faut piétiner la « zone de jeux », tâche représentant un effort non négligeable. Ensuite, Bertrand y cache deux Arva dans deux sacs à dos, que chacun de nous mettra environ cinq minutes à trouver. Pour la plupart d’entre nous, c’est la première recherche multi-victimes et les conclusions du test sont que la qualité de la recherche de victimes d’avalanches dépend d’abord du facteur humain et qu’un entraînement régulier est nécessaire (au moins une fois par an), mais également que la qualité de l’appareil de recherche joue. EVO4 et Element (Mammut) surpassent sans contestation les EVO3/EVO3+.

L’exercice Arva terminé, on remballe tout et on termine la descente vers les voitures, non sans essayer de tuer deux-trois raquetteurs retraités dans les parties les plus délicates de la fin. Débrief de la journée au parking puis retour au gîte. Avant de rentrer à Chamonix, Bertrand nous propose de réfléchir à la course du lendemain dans le secteur du col d’Anterne et de la Pointe Noire de Pormenaz.

Après le repas, on bosse une bonne heure tous ensemble sur les topos, internet à l’appui, pour définir plusieurs options de courses en fonction des conditions sur place. Enfin, on peut aller retrouver la position horizontale pour un repos bien mérité.

Samedi 16 janvier : Col d’Anterne et Pointe Noire de Pormenaz

Levé 6h30. Chacun se prépare, on a rendez-vous à 7h30 à la Gare du Fayet avec Bertrand. La route est un peu plus longue que la veille, on est à 8h30 au parking et on n’arrivera pas à partir bien avant 9h. Le début de la course est tranquille mais on sait qu’elle va rapidement se complexifier, étant données les fortes pentes aux alentours. Heureusement, le soleil est rapidement au rendez-vous, il va nous réchauffer le cœur et l’esprit quasiment toute la journée.

Après une bonne heure de marche en forêt, plus ou moins engagée, on atteint les chalets des Ayères des Rocs d’où la vue est magnifique sur une grande partie du massif du Mont-Blanc, l’Aiguille du Midi, le massif des Aiguilles Rouges, L’Aiguille Verte et les Drus, etc. Mais c’est aussi là que commence une grande traversée à flanc le long de la route d’été, avec de bonnes pentes bien raides et bien chargées qui nous surplombent à notre gauche. On évolue longtemps avec 30 mètres de distance entre chacun de nous et de très rares pauses compte tenu de l’incertitude du risque. Arrivés sous la brèche de la Ratelière, on a enfin le col en visu. Une coupe de neige montre des instabilités dans la couche de neige récente. Ayant repéré un cheminement peu exposé jusqu’au col, nous décidons d’y aller.

Une petite heure supplémentaire d’effort nous permet d’atteindre le col d’Anterne (2257 m). Il est un peu après midi. Vu le brouillard qui s’accumule de l’autre côté, on met définitivement une croix sur les options envisagées de prendre l’arête à droite ou de descendre vers le lac en contre-bas. Pour l’exercice, on réalise une nouvelle coupe de neige au sommet plaqué par le vent avant de s’envoyer une divine descente dans une neige vierge et profonde. On casse-croûte en plein soleil au refuge d’Anterne (2002 m).

Il est 14h30, on a encore un peu de temps et nous décidons collégialement de tenter l’ascension de la Pointe Noire de Pormenaz (2307 m). Paysage très vallonné et conditions d’enneigement très changeantes s’offrent à nous mais à 15h15, vers 2200m, on est obligé d’abandonner l’ascension étant donnée la longue route du retour et le peu de temps de jour restant. On va descendre par le couloir de la Chorde, un classique du coin. Le parcours est tartiné de neige, assez stable et le couloir, dans un peu plus de 30°, est un régal à skier. La banane au visage, on rentre lentement vers les voitures par un chemin assez fastidieux car majoritairement plat, voire à pente négative. Le dernier kilomètre sera l’occasion une belle course de skating.

De retour à 17h aux voitures, ça fait une sacrée belle journée ! Comme la veille, on débriefe de la journée puis on rentre au gîte, histoire de partager l’apéro et un bon repas en compagnie de Bertrand. Sympathique soirée mélangeant un peu toutes les conversations, les mauvaises blagues et un maximum de convivialité montagnarde. Encore une fois, Bertrand nous quitte sur une énigme qu’il s’agit de résoudre avant de tomber de fatigue : pour le lendemain il veut aller au-dessus du Reposoir, entre la Pointe de Carmélite et la Pointe Percée, dans le massif des Aravis. Décider du parcours optimal est toujours un débat fructueux, à sept, qui permet d’évaluer les options et de décider de plans A, B, C, etc. À 22h30, comme à chaque fois on pense avoir fait le tour du problème et on part se coucher.

Dimanche 17 janvier 2016 : Pointe de Rouelletaz

Levé 6h00, pour ranger le gîte et être peut-être enfin à l’heure… Succès ! On arrive à 7h34 à la gare du Fayet et on se paye un petit tour de la gare routière en attendant Bertrand. Après un petit bout de route sur l’autoroute vers Cluses, on laisse la plupart des voitures pas loin d’une sortie d’autoroute afin d’être sur le chemin vers Paris de retour le soir.

La météo est bien moins bonne que les deux jours précédents. Le ciel est bas, il neige assez fort et il fait beaucoup plus froid. Dans la montée vers la Chartreuse du Reposoir, on devra successivement pousser le minibus de Bertrand et la voiture de Vincent, malgré les pneus-neige : belle image d’une brochette de skieurs du dimanche, en tenue, courant après des voitures sur une route enneigée et glissante.

Comme la veille, on est sur les skis un peu avant 9h et on commence la montée tranquille dans les bois. On croise un camp de scout aux foyers encore fumant et une kyrielle de petits ruisseaux dans lesquels il s’agit de ne pas mettre les peaux. La montée est sympathique mais au fur et à mesure qu’on s’approche des 2000 m le jour blanc se fait de plus en plus sentir… et le froid… et la pente. En effet, après le Sommier d’Amont, on prend à main gauche en direction de la Pointe de la Rouelletaz et là, ça se raidit franchement. Pour l’instant, les pentes ne sont pas suffisantes pour qu’on soit vraiment inquiétés mais le jour blanc nécessite clairement une vigilance permanente.

Vers 2000 m, alors que Mathias fait la trace, on se retrouve face à une pente à plus de 30° et il s’agit de faire le bon choix pour l’aborder. Le manteau va craquer deux fois, Mathias et Bertrand sont en tête pour tracer devant. Le reste du groupe reste en deçà. Dans le vent il ressent nettement la morsure vive du froid, tout en scrutant les pentes supérieures d’un regard inquiet. Une fois la difficulté passée pour tout le monde, la décision logique s’impose : il reste des pentes tout aussi raides à parcourir dans un brouillard d’épaisseur croissante avec l’altitude, on va faire demi-tour. D’ailleurs, on aurait du faire demi-tour avant cette dernière difficulté.

Comme il est encore tôt, on se permet une petite coupe du manteau neigeux, un test de la colonne puis vient à Bertrand l’idée de réaliser un abri norvégien. L’entreprise nous prendra quarante-cinq minutes à huit, non sans quelques rires et coulées de neige dans le cou mais avec pour récompense une bonne bière chacun, partagée assis à l’abri dans un dôme de neige.




La descente est ridiculement démente. De la neige jusqu’aux genoux, des pentes larges et régulières, tout le monde s’éclate. Bertrand nous fera même partir une petite coulée, plus ou moins par plaisir… Au Sommier d’Aval, on s’arrête sur un muret pour déjeuner ; le soleil manque cruellement mais le plaisir de ce week-end se fait sentir.

La fin de la journée n’a rien de bien plus particulier que celles des deux jours précédents. On reprend le chemin emprunté à la montée jusqu’aux voitures où on prend notre temps pour discuter et échanger sur la journée et le déroulement de la formation. Vers 16h, on est de retour dans la vallée, répartition des affaires, au-revoir et départ pour Paris. Chacun sera rentré chez lui avant minuit.

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